Kees Visser
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PEINTURES RECENTES
En 1992, le Living Art Museum de Reykjavik organise une importante exposition personnelle de Kees Visser qui va marquer un tournant dans son travail. C’est à cette occasion que Kees Visser va « inventer » la forme rectangulaire biaisée qu’il ne cessera plus dés lors d’utiliser dans ses peintures. Confronté à la planeïté de ces œuvres polychromes en bois, surgit l’idée d’un grand panneau monochrome rouge en e?rable dont les cotés latéraux libérés de bordures et légérement biaisés créeraient un effet de perspective et de dynamisme tout en affirmant la bi-dimensionnalité de l’œuvre. Alors qu’il re?alise le croquis pre?paratoire de cette œuvre sur papier, dessiné au millimêtre prés puis mis en couleur, Kees Visser prend conscience que l’essentiel de ce qu’il recherche est contenu dans cette feuille. Il abandonnera alors le travail sur les objets pour leur préférer l’usage exclusif du papier.
A partir de cette date, Kees Visser déclinera la forme de ces rectangles légèrement gauchis qu’il recensera dans son catalogue raisonné, tel qu’il l’appelle à partir de 1995. Par série de trente-deux, il multiplie les possibilités de figures possibles à partir d’un rectangle, auquel il ajoute un ou deux biais, en positif ou en négatif. L’artiste puise alors au sein de ces séries pour trouver les motifs de ses peintures sur des papiers de grammage et de texture variés, réaliséés à des tailles différentes parfois monumentales, présentées sur papier libre ou contrecollé sur dibond.
Au-delà de leur apparente radicalité monochrome et du minimalisme de leur forme, c’est bien autre chose que ces vastes surfaces de couleurs recèlent dans leur profondeur. La densité picturale des monochromes de Kees Visser est obtenue par la succession de couches de peinture dont les pigments imprègnent le papier jusqu’à ce que se produise un phénomène de “cristallisation de la peinture”. Les couleurs affleurent la surface du papier, comme si elles revenaient à leur état pigmentaire.


